Son annonce
Il paraît qu’on ne trouve pas l’amour sur internet. Ça tombe bien, c’est pas l’amour que je cherche. Estelle, 49 ans, Paris. Ce que je cherche, ça commence par « plan » et ça finit pas par « de carrière ».
Ce que j’aime par-dessus tout c’est la tension avant l’acte. Les messages coquins échangés dans la journée. Savoir qu’on va se voir le soir. Être trempée depuis le matin rien qu’en relisant tes mots. Puis arriver, se regarder trois secondes, et tout de suite les mains partout, les vêtements qui tombent, le souffle court. C’est ça que je veux vivre à Paris. Pas du tiède. Du brûlant.
J’ai un faible pour les plans en journée. Pendant que tout le monde travaille sagement dans leurs open spaces, moi je veux qu’un homme sonne à ma porte à Montmartre, qu’on ne perde pas de temps en small talk. Le café est prêt, la tenue ne le sera pas longtemps. Le secret de la chose, cette parenthèse volée au quotidien, ça me rend encore plus excitée que le sexe lui-même.
L’avantage d’habiter Paris, c’est que la vie est belle même sans mec. Mais avec un mec bien, elle serait indécente. Genre un banc au Jardin du Luxembourg, glace Berthillon à la main, un verre, des mots, des silences pleins de sous-entendus. Puis la note, le taxi, et la suite chez moi. La pluie sur les pavés de montmartre, un parapluie pour deux et des envies pour dix.
Je lis chaque message personnellement, à une heure du matin en nuisette avec un verre de vin. Si le feeling passe, on se voit dans la semaine à Paris. C’est aussi simple que ça. — Estelle