Son annonce
Je suis cette femme que tu croises au supermarché et qui te fait fantasmer dans le rayon des fruits. Sandrine, 45 ans, Saint-Pierre. Sauf que moi, je passe de la théorie à la pratique.
J’ai cette théorie que les meilleurs coups sont ceux qui osent dire ce qu’ils aiment. Alors je commence : j’aime qu’on me lèche longuement, qu’on me prenne par surprise en rentrant de la douche, qu’on me tire les cheveux doucement pendant la levrette. Maintenant c’est ton tour — dis-moi les tiens dans ton premier message. On confrontera nos listes chez moi à Brest.
J’aime quand c’est un peu sauvage. Pas brutal, attention — sauvage. La différence ? Le sauvage, c’est quand tu n’arrives pas à attendre, quand les vêtements tombent dans l’entrée, quand on n’atteint même pas la chambre la première fois. Le brutal, c’est non. Mon appart à Brest a un couloir assez long pour que ce soit intéressant avant même d’arriver au lit.
L’avantage d’habiter Brest, c’est que la vie est belle même sans mec. Mais avec un mec bien, elle serait indécente. Genre la rue de Siam un samedi soir, l’artère principale qui vibre, un verre, des mots, des silences pleins de sous-entendus. Puis la note, le taxi, et la suite chez moi. Les embruns, le ciré jaune, et dessous une femme qui a besoin de chaleur humaine.
Alors, tu te décides ? Mon annonce est là, mon corps est là, ma porte est ouverte (enfin, elle sera ouverte quand tu sonneras). Brest, Sandrine, à toi de jouer. La balle est dans ton camp, et bientôt tes mains seront sur mes hanches.